Comme j’ai pu le dire avant, ce blog n’existera
que pendant la campagne de l’élection législative partielle qui aura lieu les 7 et 14 septembre prochain.
Ce premier billet est donc l’occasion de revenir sur les faits qui ont conduit à deux annulations d’élections
législatives, une première en France.
Bonsoir à tous,
En 2001, le gouvernement socialiste Jospin a fait voter une loi dite SRU. L’objectif de cette loi consiste à offrir aux décideurs
publics un cadre juridique rénové ainsi que des alternatives permettant d’envisager un développement autre que celui proposé et mis en œuvre ces dernières décennies.
Cette loi impose notamment la création des SMEP ou syndicats mixte d’études et de programmations. Les SMEP regroupent les élus d’une
ville centre et des communes alentours avec pour but de définir un SCOT ou schéma de cohérence territoriale.
« Le SCOT est un document d'urbanisme qui fixe, à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, les
organisations fondamentales de l’organisation du territoire et de l’évolution des zones urbaines, afin de préserver un équilibre entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et
naturelles ». (Définition de Wikipedia)
A Chartres, le SMEP regroupe une quarantaine de communes et son président est Jean Pierre Gorges, le maire de la ville centre. Comme prévu, le SMEP a définit un SCOT qui prévoit le développement
des communes et notamment de leurs zones commerciales, pendant plusieurs années. Pour définir le SCOT, le SMEP s’est appuyé sur l’expertise de nombreux consultants qui ont remarqué que la région
chartraine ne pouvait vivre qu’avec 2 hypermarchés de plus de 10000 m², un à l’est et un autre à l’ouest de l’agglomération.
Or, un petit épicier, du nom d’Olivier Ducatel, membre du réseau Leclerc et partisan de l’UMP, souhaitait agrandir son magasin, basé
actuellement à Luisant en le déplaçant au sud de l’agglomération chartraine. Mais ce n’était pas prévu par le SCOT. Par conséquent, il n’a pas eu l’autorisation de s’agrandir et vexé de ne
pouvoir avoir un grand magasin pour gagner encore plus d’argent, il a décidé de se venger en imputant le refus du déménagement au président du SMEP (Jean Pierre Gorges), bien que le SCOT ait été
validé par plus de 60 élus.
En juin 2007, après plusieurs discussions, rendez-vous et propositions plus ou moins honnêtes de la part de notre épicier, le Leclerc
ne peut toujours pas se déplacer. Les élections législatives arrivent et quel meilleur moyen pour se venger que de faire perdre Jean Pierre Gorges ? Aucun se dit monsieur Ducatel et il
échafaude un plan machiavélique …
Le premier tour se passe bien. Jean Pierre Gorges arrive devant la socialiste Françoise Vallet avec plus de 7500 voix d’écart !!!
(Voir site du ministère de l'intérieur) Mais, entre les deux tours, monsieur
Ducatel fait diffuser dans toutes les boîtes aux lettres de la circonscription un tract incitant à ne pas voter pour le maire de Chartres ; et là, c’est le drame. Au second tour, Jean Pierre
Gorges (JPG) gagne avec 59 voix d’avance sur sa challenger Françoise Vallet.
Quelques jours plus tard, deux recours sont déposés auprès du conseil constitutionnel par Françoise Vallet et Dominique Cheron. Le
résultat de ces recours tombe le 29 novembre 2007 : l’élection est annulée et JPG n’est plus député ; il faut revoter. (Décision du Conseil Constitutionnel)
Le nouveau scrutin est fixé au 27 janvier et au 3 février 2008. Il voit se représenter Jean Pierre Gorges, Françoise Vallet (PS), Eric
Chevé (éternel perdant du MODEM), … Et là, c’est de nouveau le drame puisqu’Olivier Ducatel fait rediffuser un tract à grande échelle dans toute la circonscription. Ce tract appelle clairement à
voter contre Jean Pierre Gorges.
Non contente de trouver une faille dans laquelle s’engouffrer, Françoise Vallet et son suppléant David Lebon, décident d’adopter le
combat d’Olivier Ducatel. Ainsi, ils se rendent avec Ségolène Royal dans l’épicerie de notre bon Ducatel, reproduisent les photos de cette visite sur les tracts électoraux et assistent à des
manifestations des salariés du Leclerc.
Vous entendrez, peut-être, David Lebon dire qu’il n’était pas au Leclerc. Cependant, il a été l’artisan de la visite de Ségolène Royal
à Chartres. Et souvenez-vous de la petite altercation qu’il a eu avec la fille de Jean Pierre Gorges pendant que Madame Royal dédicaçait son livre dans une librairie bien connue des chartrains
avant la petite promenade de Luisant.
Le résultat du scrutin est clair : JPG est battu par Françoise Vallet avec un écart de 4000 voix. (Résultats
officiels)
Dès lendemain de son élection, Madame Vallet remet en cause ses promesses. Quand je vous dis que le socialisme,
c’est : « faites ce que je dis et non ce que je fais » …
Six nouveaux recours sont déposés contre l’élection. Le conseil constitutionnel instruit l’affaire. JPG est confronté à la mauvaise
foi de Françoise Vallet. Figurez-vous que Françoise Vallet ne voulait pas assister à la manifestation des employés entre les deux tours. Elle se rendait simplement chez le coiffeur, quand elle a
croisé cette manifestation, qui avait été annoncée par les médias locaux, cinq jours auparavant. Madame Vallet ne doit pas lire la presse locale.
Et le 26 juin, le résultat des recours tombe : Françoise Vallet doit réintégrer à son compte de campagne les actions du Leclerc.
Elle est alors financée par une personne morale ; ce qui est interdit par l’article 52-8 du code électoral.
Ainsi, l’élection est de nouveau annulée, Françoise Vallet n’est plus députée, elle est inéligible pendant un an et il faut encore
revoter. (Décision du Conseil Constitutionnel)
Comme quoi, l’origine de l’histoire est à attribuer à Lionel Jospin, ancien premier ministre socialiste. Avouez qu’il est marrant de constater qu’un socialiste est à l’origine de la défaite d’un
autre socialiste (C’est comme marquer un but contre son camp) ; mais il est surtout moins marrant de voir le ras le bol de plus de 85 000 électeurs qui doivent retourner aux urnes pour la
troisième fois.
MERCI LE PARTI SOCIALISTE …
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